La vie et la science

citation article Qu’est-ce que la vie ? De nombreux scientifiques sont confrontés à cette grande question, à l’heure où leurs recherches les amènent de plus en plus à la manipuler, à la rechercher sur d’autres planètes ou même à la créer en laboratoire. Cette interrogation est alimentée par de récentes avancées. Cet été, des scientifiques de l’Institut Craig Venter, dans la banlieue de Washington, qui ont joué un rôle clé dans le séquençage du génome humain, ont remplacé l’ADN d’une bactérie par celle d’une autre, modifiant ainsi son identité génétique.

Aujourd’hui, ce centre de recherches souhaite déposer un brevet pour une bactérie entièrement nouvelle qui serait créée en insérant des gènes dans une cellule évidée provenant de l’appareil urinaire d’un insecte. L’institut parle de ses travaux comme d’une “modification de la vie pour en trouver de nouvelles formes”.

D’autres équipes de recherche dans le monde vont plus loin, tentant de créer la vie à partir de substances chimiques en imitant les conditions de son apparition sur Terre. Et elles estiment pouvoir réussir d’ici trois à dix ans. (…)

De nombreux experts conviennent que définir la vie ne sera pas aisé, mais cette question sera au cours du siècle au cœur d’un débat politique et sociétal aussi important que l’avortement ou la recherche sur les cellules souches embryonnaires, prédit Art Caplan, spécialiste de la bioéthique à l’université de Pennsylvanie.

L’institut Venter rejette les accusations selon lesquelles les scientifiques se prendraient pour Dieu. Un des chercheurs qui tentent de créer la vie à partir de zéro, Mark Bedau, dit toutefois comprendre ces inquiétudes.

Professeur de philosophie à l’université Reed dans l’Oregon, il dirige également l’entreprise de biologie synthétique ProtoLife à Venise, en Italie. Son équipe et d’autres tentent de produire des organismes unicellulaires à partir de composés chimiques et une première étape clé pourrait être bientôt franchie : créer une membrane pour la cellule.

“Nous faisons des choses qui étaient considérées par certains comme étant du ressort de Dieu, comme créer de nouvelles formes de vie”, souligne M. Bedau. “Jouer à Dieu est une bonne chose tant qu’on le fait de manière responsable”, ajoute-t-il en évoquant la perspective de progrès importants.

Source : Canoë - Mardi 20 Aout 2007

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Se débarrasser des vieux et mauvais souvenirs ?

citation article Parmi nos deux systèmes de stockage des souvenirs et des apprentissages, la mémoire à long terme a toujours été considérée comme un mode de sauvegarde plus stable que la mémoire à court terme. Il a déjà été démontré que certaines substances pouvaient perturber la mémorisation d’informations fraîchement acquises. Une étude publiée aujourd’hui dans la revue Science suggère que même le stockage de longue durée est un processus dynamique et que des souvenirs anciens peuvent être effacés.

Yadin Dudai et Reut Shema, de l’Institut Weizman en Israël, ainsi que le neurologue américain Todd Sacktor, ont commencé par créer un mauvais souvenir chez des rats. Ils ont associé la consommation d’eau sucrée avec une injection de lithium qui rend les rongeurs malades. Les rats ont pris l’habitude d’éviter l’eau sucrée.

Un mois après –l’équivalent de quelques années pour un être humain- les chercheurs ont injecté dans le cortex cérébral des rats une substance connue pour bloquer l’action d’une protéine (PKM-zeta) située sur les synapses, les points de contact entre les neurones. Après l’injection, les rats n’évitaient plus la boisson sucrée. Le mauvais souvenir associé à cette eau a été effacé, analysent Dudai et ses collègues. Il n’est jamais revenu.

Jusqu’à présent, des protéines comme la PKM-zeta étaient connue pour leur rôle dans la création de nouveaux souvenirs. Selon Sacktor et ses coauteurs, la mémoire à long terme n’est pas une inscription définitive mais un processus dynamique que le cerveau doit sans cesse maintenir. La PKM-zeta ferait partie de cette machinerie. Encore faut-il s’assurer que bloquer son action n’empêche pas tout forme d’apprentissage.

D’autres travaux avaient précédemment démontré que les souvenirs anciens étaient vulnérables lorsqu’ils remontaient à la surface et qu’au cours de cette phase dite de reconsolidation des substances chimiques permettaient de les effacer de façon sélective (lire Des souvenirs sans taches). Tous ces résultats, obtenus sur des rats, n’ont jamais été vérifiés sur l’Homme.

Source : Cécile Dumas, Sciences et Avenir.com (17/08/07)

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