Archives pour la catégorie «Sciences»

Biologie de la solitude

Une étude scientifique qui tendrait à montrer que l’isolement social prédisposerait les solitaires à être plus malade que les autres (mortalité plus élevée, système immunitaire moins efficace)…

citation article Les molécules de la solitude. Chez les solitaires et chez ceux qui vivent bien entourés, les gènes du système immunitaire s’expriment différemment. Voilà peut-être pourquoi les premiers semblent plus fragiles face aux maladies. Sans disposer d’aucune explication, on a observé depuis longtemps que les personnes socialement isolées présentent une mortalité plus élevée. Une équipe américaine vient de publier dans la revue Genome Biology une étude donnant un début d’explication. Les chercheurs se sont intéressés aux leucocytes, c’est-à-dire les globules blancs, première ligne de défense de l’organisme contre les agresseurs en tout genre. ” (…)

Source et suite : Jean-Luc Goudet - Futura-Sciences - 17 septembre 2007

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Neuromarketing et cerveau reptilien

citation articlePour vendre un produit, il faut s’imaginer que tous les clients ont 4 ans, même s’il s’agit de physiciens nucléaires qui veulent acheter un scanner de plusieurs millions de dollars“. Inutile de blâmer le milieu de la publicité pour ce conseil peu flatteur du publicitaire français Christophe Morin. Depuis quelques années, une nouvelle science - le neuromarketing - donne de nouvelles pistes pour titiller le subconscient des clients. Car les spécialistes du marketing sont de plus en plus nombreux à faire équipe avec des spécialistes du cerveau. (…) L’une des découvertes les plus récentes de la neurologie : les décisions d’ordre financier sont émotives et non rationnelles.

Le neuromarketing ne se limite pas à la vente. Certaines de ses applications peuvent servir au bureau : mettre la photo d’un visage au-dessus de la caisse commune de la cafetière décourage les tricheurs qui prennent du café sans payer, parce qu’ils se sentent surveillés. Autre découverte surprenante : les garderies qui imposent des frais élevés aux parents retardataires pourraient augmenter le nombre des retards parce que cette stratégie apaise les zones du cerveau liées à la culpabilité (les parents ont payé, donc ne se sentent plus coupables).

Mais l’industrie multimilliardaire de la pub est évidemment mieux placée que d’autres pour tirer profit de ces découvertes. “La publicité veut essentiellement influer sur les décisions, explique Christophe Morin. On sait maintenant quelles sont les régions du cerveau qui s’animent dans certaines conditions. Essentiellement, nous lisons les revues médicales pour connaître les derniers progrès en neurologie. L’une des grandes découvertes est que les décisions sont souvent dirigées par la partie la plus primitive du cerveau, la partie reptilienne. Nous avons mis au point un langage qui essaie de traduire plus concrètement les propositions publicitaires pour le cerveau reptilien.”

Selon M. Morin, il existe six “codes” qui permettent d’atteindre plus efficacement ce cerveau reptilien. “Il est extraordinairement égoïste. L’important est l’impact que le produit ou l’entreprise aura sur le sujet. Il est attentif à ce qui est différent, en rupture. Il faut donc multiplier les contrastes visuels et sonores. Il est attentif au début et à la fin des messages mais perd de l’intérêt au milieu, afin de limiter ses dépenses énergétiques. Il est sensible aux émotions extrêmes, positives comme négatives. Et le cerveau reptilien est plutôt visuel, parce qu’il est connecté directement au nerf optique.” (…)

Source : Matthieur Perreault - Lapresseaffaire.com - 19 août 2007

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Quand la colère est bonne

citation article La colère serait parfois bonne conseillère : elle aiderait à se concentrer. Non, la colère n’est pas toujours l’ennemie de la réflexion : une expérience réalisée à l’Université de Californie à Santa Barbara révèle qu’elle provoque une posture “analytique” face aux problèmes. Ainsi, vous aurez plus de chances d’analyser en détail les arguments d’une conversation si vous avez été contrarié (par autre chose) quelques minutes auparavant.

Les deux psychologues Wesley Moons et Diane Mackie ont examiné la façon dont des étudiants analysent le contenu d’un message après s’être mis en colère. L’expérience se déroule de la façon suivante : d’abord, on met les participants en colère en leur demandant de rédiger un petit texte sur leurs rêves et leurs projets dans la vie ; puis les étudiants rédigent des critiques sur les textes de leurs camarades et s’échangent leurs critiques. En fait, tous les étudiants reçoivent une même critique : “Ce texte est d’une naïveté qui confine au ridicule. L’auteur n’a aucun sens des réalités, sa vision de la vie est d’une candeur inquiétante, et son texte ressemble à une rédaction d’élève de troisième”. Ceci provoque inévitablement la colère des étudiants.

Puis les participants doivent lire un texte défendant la mise en place d’examens supplémentaires dans leur cursus. Ce passage est composé à la fois d’arguments forts – déployant une réflexion solide en soulevant de vrais problèmes – et d’arguments faibles – raisonnements spécieux, raccourcis ou amalgames. W. Moons et D. Mackie ont constaté que les étudiants en colère discernent mieux les arguments forts des arguments faibles, tandis que des étudiants interrogés sans avoir été énervés auparavant les distinguent mal. Les étudiants en colère procèdent à une lecture analytique, et les autres à une lecture superficielle.

Pourquoi dit-on alors que la colère est mauvaise conseillère ? Le problème est que la colère rend très sensible à certains effets psychologiques qui orientent le jugement à notre insu, par exemple “l’effet de source”. Nous sommes sensibles à l’effet de source lorsque nous entendons par exemple un responsable politique de l’opposition critiquer le programme du gouvernement. On trouve sa critique convenue, car il est dans l’opposition, alors que la critique serait perçue comme très crédible si elle venait d’une autre source, par exemple d’un membre de la majorité. Un tel effet est amplifié par la colère. Lorsque vous vous disputez avec quelqu’un, vous êtes victime de cet effet de source, et l’identité de la personne qui vous a énervé l’emportera sur son argumentation. Toutefois, si vous vous concentrez sur un problème qui n’a rien à voir avec la conversation houleuse, il est alors probable que vous le fassiez avec une acuité intellectuelle supérieure.

En conclusion, la colère peut être bénéfique à la résolution de problèmes, à deux conditions : premièrement, que le problème à résoudre n’ait aucun rapport avec le problème qui a provoqué la colère, et deuxièmement, que le problème à résoudre ne présente pas d’effet de source. La colère est bonne conseillère, mais encore faut-il savoir quand !

Source : Sébastien Bohler - Cerveau et Psycho - Aout 2007

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Chimpanzés altruistes

citation article Les chimpanzés apportent leur aide même à des inconnus, même sans récompense. Depuis Copernic, les présupposés anthropocentriques tombent les uns après les autres. Beaucoup pensaient que l’un des traits distinctifs des humains est le comportement altruiste, qui consiste à se soucier du bien d’autrui sans avoir un intérêt particulier à le faire. Or les expériences de Felix Warneken et de ses collègues, de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutive à Leipzig, montrent que les chimpanzés manifestent eux aussi de l’altruisme, et pas uniquement envers des congénères apparentés.

Il s’agissait notamment de voir si des singes (non élevés par l’homme) aideraient une personne essayant de se procurer un objet. Dans une partie des expériences, un expérimentateur avec qui le chimpanzé testé n’avait pas eu d’interactions préalables tendait la main vers un objet convoité, mais placé hors d’atteinte. L’objet – un bâton – était en revanche à la portée du chimpanzé, qui pouvait alors le saisir et le remettre à la personne. Des scènes analogues ont été réalisées avec des bébés humains de 18 mois pour comparer les réactions.

Les résultats sont éloquents : lorsque l’expérimentateur essayait d’attraper l’objet en tendant la main, 12 des 18 singes et 16 des 18 bébés testés l’ont aidé au moins une fois. Les bébés avaient juste une réaction plus rapide. L’aide était apportée même en l’absence de récompenses ou malgré la présence d’obstacles. Dans d’autres expériences, les singes aidaient aussi un congénère non parent à récupérer de la nourriture. Les chimpanzés ne rendent pas service qu’à la famille ou aux amis !

Source : Maurice Mashaal - Pour la Science - Aout 2007

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Faire simple est compliqué

citation article “Soyez spontanés !” est une injonction paradoxale. “Soyez simples !” n’est guère moins troublant. Pourtant, face à un problème, tout bon mathématicien doit envisager une réponse ne demandant ni long calcul ni raisonnement pénible. Même si une piste naturelle vers la solution s’impose, il sera parfois payant de rechercher un autre point de vue qui, par une vision inattendue du problème, conduira d’un coup à la solution, alors qualifiée d’élégante.

Source : Pour la Science - Aout 2007

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Réalité virtuelle et thérapie

citation article Les différentes expérimentations que nous avons conduites dans le cadre du projet VREPAR ont apporté un ensemble de réflexions et de recommandations sur la constitution de scènes virtuelles à caractère thérapeutique. Il en ressort qu’il n’est en général pas nécessaire d’avoir une simulation poussée de la réalité pour produire les effets désirés. L’usage d’éléments, même irréalistes, soigneusement choisis et habilement mis en scène permet une immersion suffisante pour déclencher des réactions se rapprochant des comportements qu’auraient les patients dans la situation réelle correspondante. Ces éléments n’ont pas besoin d’une représentation graphique poussée ni d’éléments complémentaires pour susciter des souvenirs et émotions chez le patient. En s’appuyant sur l’aptitude naturelle de l’homme à projeter ses croyances et son image de soi sur ce qui l’entoure, on peut parvenir à immerger le patient en le conduisant à compléter de lui-même les manques de la simulation. (…)”

Source : Observatoire des Mondes Numériques en Sciences Humaines, Principes pour une réalité virtuelle à visée thérapeutique par Yannick Jullien, Cécile Defrance et Pierre Nugues

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Facteur de stupidité

citation article En 2005, une maladie contagieuse du nom de “Corrupted Blood” a été intégrée par les développeurs dans le jeu World of Warcraft. Seuls les joueurs de haut niveau avaient l’occasion d’être en contact avec l’infection, pour en faire un défi supplémentaire réservé aux meilleurs et ne pas handicaper les joueurs plus moyens. Seulement, l’épidémie s’est propagée en dehors des zones de quarantaine, provoquant d’importants dégâts notamment dans les grandes villes du jeu. L’événement a été comparé à la vague de Peste Noire, tant pour le taux de mortalité des personnages que pour la panique causée.L’étude de ce modèle virtuel très proche de la réalité a tout de suite intéressé les spécialistes de la propagation épidémique. Lundi, Nina Fefferman, une épidémiologiste américaine, a fait une déclaration à ce sujet, appelant à la recherche sur ce type d’évènements virtuels. Selon elle, les univers virtuels permettent d’étudier tous les facteurs entrant en jeu dans une telle situation. Dans le cas de la propagation de “Corrupted Blood”, la faute en serait apparemment au comportement humain, qui n’avait jamais été pris en compte dans les simulations épidémiologiques. Plus précisément, le “facteur de stupidité” comme l’appelle Nina Fefferman. “Quelqu’un se dit Je vais juste jeter un coup d’œil rapide et ça ne m’affectera pas, explique-t-elle.

Ces facteurs n’ont jamais été pris en compte dans les simulations épidémiologiques, et pourraient apporter beaucoup de changements dans les scénarios de réponse d’urgence. Par conséquent, les chercheurs envisagent de se servir de plus en plus souvent des univers virtuels comme supports de simulation, notamment Second life qui tend à se rapprocher plus du monde réel.

Source : 20minutes.fr - Selim Miled - Mercredi 22 Aout 2007

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Chimpanzés et tentation

citation article Pour garder leur sang froid face à une forte tentation, les chimpanzés ont recours à une méthode classique : s’occuper, essayer de penser à autre chose. Ceux qui se sont efforcés de résister à la tentation de dévorer une énième plaquette de chocolat ou de rallumer une cigarette savent que, dans ces cas-là, la distraction est un bon expédient. Les chimpanzés le savent aussi, comme le montre une expérience menée par des chercheurs américains. Lorsqu’ils savent qu’en patientant ils auront plus de bonbons qu’en se jetant tout de suite sur la sucrerie, ces grands singes se distraient pour tenir le coup, expliquent Theodore Evans et Michael Beran dans les Biology Letters.

Evans et Beran (Georgia State University) ont d’abord enseigné à des singes le fonctionnement d’un distributeur de bonbons, qui lâche une friandise toutes les 30 secondes. Si le couvercle du distributeur est soulevé, l’approvisionnement est stoppé. Donc plus l’individu attend, plus il a de sucreries à manger. Lorsqu’ils avaient ces appareils dans leur cage, les quatre chimpanzés adultes résistaient environ 6 minutes avant de mettre la main sur les bonbons. Cependant, s’ils avaient de quoi se distraire –une brosse à dent ou des magazines à regarder- ils tenaient plus longtemps, 9 minutes en moyenne. Enfin les chercheurs ont constaté que si les chimpanzés avaient de quoi jouer mais n’avaient pas accès au distributeur de friandises, ils utilisaient les jeux moins longtemps que si les bonbons étaient à leur portée. Ils en déduisent que ces grands singes se divertissent sciemment pour garder leur sang froid et résister à la tentation.

Des expériences similaires menées avec de jeunes enfants montrent qu’ils cèdent très rapidement à leurs envies. La maîtrise de soi viendrait donc avec l’âge. Sur les quatre chimpanzés étudiés par les chercheurs américains, les deux plus âgés ont tenu jusqu’à 18 minutes avant de manger les sucreries, alors que les deux plus jeunes ont parfois craqué au bout de 30 secondes.

Source : C.D. - Sciences et Avenir.com - NouvelObs - Mercredi 22 Aout 2007

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La vie et la science

citation article Qu’est-ce que la vie ? De nombreux scientifiques sont confrontés à cette grande question, à l’heure où leurs recherches les amènent de plus en plus à la manipuler, à la rechercher sur d’autres planètes ou même à la créer en laboratoire. Cette interrogation est alimentée par de récentes avancées. Cet été, des scientifiques de l’Institut Craig Venter, dans la banlieue de Washington, qui ont joué un rôle clé dans le séquençage du génome humain, ont remplacé l’ADN d’une bactérie par celle d’une autre, modifiant ainsi son identité génétique.

Aujourd’hui, ce centre de recherches souhaite déposer un brevet pour une bactérie entièrement nouvelle qui serait créée en insérant des gènes dans une cellule évidée provenant de l’appareil urinaire d’un insecte. L’institut parle de ses travaux comme d’une “modification de la vie pour en trouver de nouvelles formes”.

D’autres équipes de recherche dans le monde vont plus loin, tentant de créer la vie à partir de substances chimiques en imitant les conditions de son apparition sur Terre. Et elles estiment pouvoir réussir d’ici trois à dix ans. (…)

De nombreux experts conviennent que définir la vie ne sera pas aisé, mais cette question sera au cours du siècle au cœur d’un débat politique et sociétal aussi important que l’avortement ou la recherche sur les cellules souches embryonnaires, prédit Art Caplan, spécialiste de la bioéthique à l’université de Pennsylvanie.

L’institut Venter rejette les accusations selon lesquelles les scientifiques se prendraient pour Dieu. Un des chercheurs qui tentent de créer la vie à partir de zéro, Mark Bedau, dit toutefois comprendre ces inquiétudes.

Professeur de philosophie à l’université Reed dans l’Oregon, il dirige également l’entreprise de biologie synthétique ProtoLife à Venise, en Italie. Son équipe et d’autres tentent de produire des organismes unicellulaires à partir de composés chimiques et une première étape clé pourrait être bientôt franchie : créer une membrane pour la cellule.

“Nous faisons des choses qui étaient considérées par certains comme étant du ressort de Dieu, comme créer de nouvelles formes de vie”, souligne M. Bedau. “Jouer à Dieu est une bonne chose tant qu’on le fait de manière responsable”, ajoute-t-il en évoquant la perspective de progrès importants.

Source : Canoë - Mardi 20 Aout 2007

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Négation (VIH et SIDA)

citation article Des théories niant le lien entre VIH et sida persistent sur Internet. Tara Smith (université de l’Iowa) et Steven Novella (université Yale) écrivent, dans un article publié, vendredi 17 août, par la revue en ligne Public Library of Science (PLoS) Medicine :”Il peut sembler remarquable que, vingt-trois ans après l’identification du VIH, il y ait encore un déni du fait que le virus soit la cause du sida.” Ils s’alarment de la persistance de théories qui prospèrent sur le Net… (…) les tenants des “théories alternatives” sur le sida ne fournissent pas d’arguments scientifiquement fondés à l’appui de leurs thèses. Comme le font toutes les théories conspiratrices, ils procèdent en tentant de discréditer les théories officielles…

Source : Le Monde - Mardi 21 Aout 2007

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