L’argent ne fait pas le bonheur… La recherche psychologique récente a non seulement montré la vérité de cette maxime, mais a commencé à démontrer que quand les gens organisent leurs vies autour de la poursuite de la richesse leur bonheur peut même diminuer. Les études sur les rapports entre le bonheur et la richesse matérielle des psychologues américains E. Diener et D. Myers, rapportées par l’American Psychological Association (APA), soulignent que “les individus sont plus heureux s’ils vivent dans les pays riches plutôt que dans les pays pauvres. Cependant, une fois qu’ils ont assez d’argent pour subvenir aux besoins de base comme la nourriture, un toit, etc., l’argent ne contribue pas beaucoup à améliorer leur bonheur. Ni les hausses de la croissance économique nationale, ni les augmentations de revenus personnels n’ont beaucoup d’effet sur le bien-être personnel des citoyens.”
La recherche va plus loin en montrant que ceux qui “adhèrent aux messages de la culture de consommation ressentent moins de bien-être personnel”. Selon une étude récente, les individus qui déclarent que “l’argent et la popularité sont relativement importants à leurs yeux obtiennent moins de satisfaction dans la vie, moins d’expériences d’émotions plaisantes et sont atteints de plus de dépression et d’anxiété“. Des résultats similaires ont été démontrés pour une variété de groupes d’âge et de populations à travers le monde. En outre, cette étude suggère que “la lutte pour la richesse nuit aussi aux relations sociales et favorise des comportements non écologiques”. (…)
Dans un précédent article, l’APA mentionnait l’existence d’études dont les résultats convergeaient pour montrer que “les individus peu matérialistes obtiennent plus de satisfaction dans leur vie que ceux qui sont matérialistes. Ces derniers éprouvent presque autant de satisfaction que ceux qui sont peu matérialistes s’ils ont beaucoup d’argent et si leur style de vie acquisitif n’entre pas trop en conflit avec d’autres valeurs ou besoins.” En revanche, “les matérialistes qui ont moins d’argent et d’autres désirs ou valeurs qui entrent en contradiction avec la lutte pour gagner de l’argent – ce qui est la situation la plus fréquente – sont plus malheureux que les non-matérialistes”. (…)
Les individus ayant de fortes valeurs matérialistes ont tendance à être orientés vers des buts qui conduisent moins au bien-être, selon le Dr Tim Kasser, auteur du livre The High Price of Materialism et coauteur de Psychology and Consumer Culture. Il présente des études qui montrent que quand “les individus organisent leur vie autour de buts extrinsèques comme l’acquisition de biens, ils éprouvent moins de satisfaction dans leurs relations, ont une humeur moins bonne et davantage de problèmes psychologiques“. Il distingue “les buts extrinsèques, comme les possessions, l’image, le statut, les prix et la gloire, et les buts intrinsèques comme le développement personnel et le contact avec la communauté qui sont satisfaisants en soi”.
Il apparaît que les matérialistes ont souvent “des attentes irréalistes par rapport à ce que des biens de consommation peuvent apporter à leurs relations, leur autonomie et leur bonheur. Ils croient que l’acquisition de biens va changer leur vie.” (…)
Source : Elisabeth Berthou - Courrier International - 29 septembre 2005
Tags : bonheur, matérialisme, psychologie













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