“Je regarde et je ne vois pas, j’écoute et je n’entends pas.”
La nouvelle suscite un certain émoi. Mère Teresa de Calcutta doutait cruellement de l’existence de Dieu. (…) La quarantaine de lettres, dans lesquelles la religieuse ouvre son coeur, permettent d’exclure la simple crise spirituelle passagère, la simple dépression face aux difficultés et aux tensions que traversait son ordre des Filles de la charité. Mère Teresa était torturée par le doute de façon récurrente, sinon continue.
Ce sont des lettres que la religieuse n’aurait pas voulu voir diffusées au grand jour. Elle avait en effet demandé la destruction de sa correspondance. L’autorité ecclésiastique s’y est opposée, sans doute justement en prévision du procès en canonisation. Ces lettres établissent que durant au moins un demi-siècle de sa longue vie, Mère Teresa ne ressentait plus la présence de Dieu. Dieu était absent et laissait la place au grand vide. Aussi bien dans son coeur que dans l’eucharistie. Pendant un demi-siècle, la religieuse a vécu dans un état intense et tragique de déréliction spirituelle, et même de vraie détresse. Elle parle volontiers de “torture” intérieure. Elle compare son expérience à celle de l’enfer et se sent gagnée par l’inquiétude, au point de ne plus croire au ciel, ni même à Dieu. Son sourire, dit-elle, n’est qu’un “masque”. Plus encore, elle se sent hypocrite, n’éprouvant aucun amour pour Dieu. (…)
Source : Rue89 - jeudi 30 Aout 2007
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